C’est une affaire tragique et glaçante qui suscite une vive émotion internationale. L’Arabie saoudite a procédé à l’exécution de deux ressortissants bangladais, Nazrul Islam Abdul Basir et Siri Akhtar, après qu’ils ont été reconnus coupables d’un « acte sexuel immoral » à l’intérieur d’une mosquée à La Mecque.
Selon le quotidien The Dialy Star, ce couple venait de se marier et avait choisi de passer sa lune de miel dans les Lieux Saints de l’Islam. L’infraction reprochée consistait, semble-t-il, en un simple baiser donné par l’époux sur le front de son épouse.
D’après des sources concordantes en provenance du Bangladesh, les autorités saoudiennes ont refusé de reconnaître leur statut de couple marié, interprétant ce geste d’affection comme une infraction grave au caractère sacré du lieu de culte.
Les tribunaux locaux les ont reconnus coupables d’actes immoraux ou indécents dans le cadre du « ta’zir » (sanction discrétionnaire en droit islamique). Après la confirmation des verdicts par les instances supérieures et l’aval d’un décret royal, les peines capitales ont été exécutées. Fait notable : l’exécutions a eu lieu avant même que le gouvernement bangladais ne soit officiellement informé de leur incarcération. Leurs dépouilles ont finalement été rapatriées au pays dans des cercueils pour y recevoir les rites funéraires traditionnels.
Du côté des autorités saoudiennes, le ministère a justifié cette mesure en affirmant qu’elle témoigne de l’engagement indéfectible du gouvernement pour la sécurité, la justice et l’application stricte de la loi islamique contre ceux qui profanent les mosquées. Un avertissement a par ailleurs été émis quant aux poursuites encourues pour toute infraction similaire.
Au Bangladesh, pays à majorité musulmane, la ministre d’État a souligné que ce drame tragique devait servir de leçon aux expatriés, rappelant que les lois du pays hôte s’imposent à tous.
Toutefois, cette affaire alimente de profonds questionnements et de vives polémiques au-delà des frontières. D’un côté, certains observateurs pointent du doigt la rigueur de cette législation inspirée de la charia. De l’autre, des voix s’interrogent publiquement sur le paradoxe de certains courants progressistes face à des systèmes politiques et culturels religieux capables d’appliquer la peine suprême pour un simple baiser conjugal échangé dans une enceinte sacrée.
Aissatou Diallo pour DamalGuinee.com


























