Dans cette interview, nous partons à la rencontre de Mohamed Samba Sow, forgeron passionné basé à Kouriah, dans la préfecture de Coyah, qui nous ouvre les portes d’un métier ancestral.
Le métier de forgeron va bien au-delà de la simple transformation du fer. C’est un véritable héritage culturel. Souvent perçus comme des initiés au cœur de la société traditionnelle, les forgerons perpétuent des rites séculaires.
Rencontré dans son atelier, Mohamed Samba Sow a partagé avec notre rédaction les mythes et les croyances qui entourent la forge, les coutumes transmises de génération en génération, ainsi que l’histoire et les défis actuels de cette profession.
« Je suis né dans la forge, comme mon père et le père de mon père. C’est un véritable héritage familial. Aujourd’hui, notre métier est plus facile à pratiquer, contrairement à l’époque de nos papas où il fallait fondre la pierre pour en extraire le fer », déclare Mohamed Samba Sow à l’entame de notre entretien.
Et d’ajouter: « Avant, le forgeron était profondément respecté chez nous. On cultivait pour lui, et lors des cérémonies, il occupait une place très spéciale. C’est maintenant qu’on banalise ce métier. Pourtant, même les karamokos viennent souvent chez nous pour récupérer l’eau avec laquelle on refroidit le fer à sa sortie du feu. Le respect pour la forge était tel qu’on n’y entrait pas avec des chaussures. On y trouve aussi beaucoup de remèdes traditionnels »
Face aux difficultés que rencontre la profession, l’artisan lance un appel aux autorités pour éviter que ce savoir-faire ne disparaisse.
« Il faut qu’on nous aide. Nous avons des difficultés à obtenir des espaces de travail, car l’État a récupéré beaucoup de domaines. Vous remarquerez que dans presque tout Kouriah, je suis le seul forgeron restant, simplement par manque de place. De plus, l’accès au charbon de bois nous pose un réel problème. Nous voulons moderniser ce métier. Nous avons la capacité de fabriquer localement des outils comme les coupe-coupe, les dabas et plein d’autres choses. C’est pourquoi j’implore l’aide de l’État »
De Kouriah, Aissatou Diallo pour Damalguinée.com
Tél: 621 82 08 53





















