La récente mesure interdisant l’utilisation des emballages plastiques en Guinée suscite de vives réactions. Face à la rareté grandissante des sachets d’eau abordables, le défenseur des droits de l’homme, Mamadou Kaly Diallo, monte au créneau au micro de DamalGuinee.com.
S’il salue l’initiative écologique, il dénonce une application brutale et un manque d’anticipation.
« Le droit à un environnement sain est un droit consacré par la Déclaration universelle et beaucoup de nos textes, c’est-à-dire la norme supérieure. Je pense que c’est une question qui ne se discute point compte tenu de la menace qui pèse même sur la vie, la dégradation de l’environnement, etc. Personne ne peut s’opposer à cette interdiction dans le sens de cette protection de l’environnement », souligne l’activiste.
Cependant, Selon le défenseur des droits humains, une telle décision aurait dû être accompagnée de mesures préventives pour ne pas pénaliser les citoyens les plus vulnérables.
« Je pense qu’il y a des mesures qu’il fallait prendre avant cette décision. On aurait dû prendre toutes les mesures utiles. D’abord, il fallait penser à des emballages biodégradables en quantité suffisante avant de faire une interdiction progressive, sans que ça ne soit brusque. » ajoute-t-il.
La conséquence directe de cette interdiction soudaine se fait durement ressentir dans les rues et les foyers, l’eau en sachet, communément appelée sipa d’eau, est devenue introuvable. Une situation qui prive une grande partie de la population d’un accès facile à l’eau potable.
« Aujourd’hui, il est difficile pour certaines populations d’avoir de l’eau propre. L’eau est indéniablement la source de vie, mais il s’agit ici de l’eau propre. Les sachets d’eau qui étaient accessibles sont introuvables. Il faut recourir à des canettes qui sont très chères et qui commencent même à se raréfier. Ce qui reste clair, c’est qu’il y a une souffrance auprès des populations par rapport à l’approvisionnement en eau potable. », déplore-t-il
Face à cette urgence, Mamadou Kaly Diallo plaide notamment pour un moratoire temporaire et une régulation stricte des prix des alternatives.
« À mon avis, il faut une doléance qui pourrait étendre la consommation pour une période donnée, et entre-temps chercher à avoir vraiment des emballages biodégradables de façon suffisante pour alléger la situation. On peut prendre la même quantité de centilitres d’eau qu’on revendait à 500 GNF, la mettre dans un emballage biodégradable et la vendre au même prix. Et surtout, penser à la mise en place d’une brigade qui veillera au contrôle des prix. Ce sont des mesures auxquelles il faut penser.» assure le défenseur des droits de l’homme au micro de DamalGuinee.com
Aissatou Diallo pour DamalGuinee.com
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